Le Luxembourg rend hommage aux Pionnières des années folles

Le Musée du Luxembourg continue sa programmation axée sur les femmes dans le milieu artistique avec une toute nouvelle exposition : Pionnières : artistes dans le Paris des années folles. Une solide rétrospective qui met en lumière, d’une part, la difficulté des femmes à accéder aux milieux artistiques et d’autre part, le rôle primordial que la gente féminine a eu dans l’évolution artistique du début du XXe siècle.

Du 2 mars au 10 juillet 2022, le musée rend hommage aux artistes femmes des années folles et met en relief leur contribution dans le développement des grands mouvements artistiques de la modernité. Du fauvisme à l’abstraction, en passant par le cubisme dans l’architecture, la danse, le design, la littérature et la mode, cette exposition nous donne une vision très large de ce que pouvait être l’art à cette époque.

Toujours en lien avec leur contexte sociétal, les œuvres exposées illustrent une grande transform

ation des mœurs et un réel questionnement sur le genre. Les 45 artistes représentées expriment, grâce à leurs productions artistiques, un regard nouveau appelé le female gaze. Avec un parcours quadrillé en plusieurs salles, le visiteur traverse différents chapitres de l’Histoire des années 1920. Le cheminement commence dans la salle Les femmes sur tous les fronts, une sorte d’introduction qui rappelle les grands changements induits par la Première Guerre mondiale. Les femmes sont partout ! Infirmières, munitionnettes, manifestantes, et plus encore ! Cette guerre a brutalement bouleversé les codes établis. Au sortir de la Première Guerre mondiale, la France a besoin de légèreté, de fêtes, de danses et le Tout-Paris s’enivre du souffle nouveau apporté par les Années folles dont Joséphine Baker est la plus illustre représentante. La figure féminine apparaît alors sur la scène des arts européens et apporte à la production artistique un regard neuf. Lorsque les femmes peignent les femmes, la représentation du corps est tout autre… moins sexualisée, avec des formes plus réalistes. D’ailleurs, la salle Chez soi, sans fard fait figurer le naturalisme à son apogée avec des tableaux de femmes allaitantes dans un cadre intimiste.

Vivre de son art est également un impératif essentiel pour ces femmes libérées et autonomes, et cette indépendance financière se ressent dans les carrières des artistes émergentes. Coco Chanel le fait à merveille en lançant en 1926 la fameuse « petite robe noire ».

La représentation de la diversité est également une thématique du parcours. Les tableaux de Suzanne Valadon, par exemple, affichent des femmes de couleur ou des femmes dont le physique ne fait pas partie des « normes établies ». Enfin, l’itinéraire nous plonge dans les questionnements sur le genre à l’œuvre dans la société des années 20. Entre coupe à la garçonne et costumes masculins, une fluidité d’une étonnante modernité imprègne la société. Qu’elle soit femme du peuple, jeune fille bourgeoise ou artiste de music-hall, la femme des Années folles entame une réappropriation de son corps, de son vestiaire et de son identité. On assiste a une mise en scène de ces questions au travers du classique de Willy le troisième sexe (1927).

Peintures, sculptures, mode, photographies, littérature, cinéma… n’attendez pas pour vous étourdir dans le tourbillon des Années folles.

Exposition Pionnières

Musée du Luxembourg, Paris

Jusqu’au 10 juillet 2022

Marie Chaffin

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